Benbassa



  1. Terrorisme. « La question est de savoir si le texte atteint l’équilibre entre efficacité de la lutte contre le terrorisme et protection des libertés qui fondent notre démocratie. »

    LUTTE CONTRE LE TERRORISME Esther Benbassa Dossier législatif Mme Esther Benbassa. Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission des lois, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, le projet de loi relatif à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme avait été présenté au Parlement, en 2012, dans le contexte de l’effroyable affaire Merah et des arrestations des membres d’une cellule terroriste, arrestations effectuées dans le sillage de l’enquête sur une attaque à la grenade contre une épicerie juive de Sarcelles. …

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  2. Égalité femmes-hommes : le combat doit continuer

    Projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommesEsther BenbassaDossier législatif  Monsieur le Président,Madame la Ministre,Mesdames les rapporteures,Madame la Présidente de la délégation aux droits des femmes,Mes ChèrEs collègues, Si les Etats doivent être naturellement en première ligne pour améliorer leur législation dans le domaine de l’égalité femmes-hommes – et je vous sais gré, Madame la Ministre, d’y avoir contribué, par ce projet de loi, pour notre pays –, c’est bien l’ensemble de la société qui doit se saisir de ces questions. Au-delà, c’est encore à chacun et chacune d’entre nous, à son échelle, de contribuer à remettre en cause les stéréotypes de genre (on me pardonnera ce mot !) et les pratiques qui pérennisent les discriminations dont les femmes sont traditionnellement victimes.La loi ne suffit pas à changer les mentalités, mais elle peut fort heureusement les orienter. Je n’entends pas vous accabler en cette fin de session par le rappel décourageant des chiffres attestant de l’inégalité persistant entre femmes et hommes. Ces chiffres figurent dans maints rapports, y compris celui diligenté par votre Ministère et intitulé « Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes ».Qu’on me permette plutôt de revenir sur une question qui, pour diverses raisons, me tient particulièrement à cœur : celle des programmes scolaires. Maintenant que les « ABCD de l’égalité » ont quitté l’école sans avoir eu le temps d’y faire leur chemin, l’élaboration de ces programmes et l’attention qu’il convient d’y apporter sont plus que jamais primordiales. Ce sont ces programmes qui fabriquent un savoir qui, pour le moment, demeure dominé par le masculin.Prenons l’exemple de l’enseignement de l’histoire, traditionnel pilier idéologique et identitaire d’une nation. L’histoire produit de la mémoire nationale, et façonne la conscience du citoyen en herbe, appelé à contribuer à la cohésion nationale.Or, nous le savons, l’histoire enseignée dans les écoles  primaires, les collèges ou les lycées a trop longtemps été – reste encore largement – une histoire des événements, de la succession des règnes et des régimes, des conquêtes, des guerres et des batailles. Dans cette histoire-là, la femme est le plus souvent invisible.Les manuels du primaire faisaient bien place, traditionnellement, à Jeanne d’Arc. Jeanne n’est pourtant grande que parce que pucelle, elle s’efface devant sa mission, le service du roi et de la patrie. Elle n’a aucun pouvoir par elle-même et en outre elle finit en victime. A côté de Jeanne, d’autres héroïnes féminines populaires peuvent bien apparaître. Telle Blandine dévorée par les lions. Encore une héroïne-victime. Viennent ensuite les régentes, en général mauvaises. Elles sont femmes ou mères de rois. Donc elles n’existent pas par elles-mêmes. Peu de femmes créatrices dans ce douteux panthéon. Mme de Sévigné est rarement là. Mme de La Fayette, Mme Vigée-Le Brun ou Camille Claudel ne sont jamais évoquées. Olympe de Gouges, jusqu’à récemment, n’était évoquée que dans un unique manuel.Dans l’enseignement secondaire, nous avons Marie-Antoinette, vaine et frivole, figure emblématique d’une représentation dépréciée des femmes. Ou alors Charlotte Corday, la violente, type de la mégère. Des femmes dans la révolution industrielle, des femmes ouvrières, on ne parle guère. A croire que la révolution industrielle fut un acte purement viril. Or il suffit de lire Germinal de Zola pour voir comment les femmes, elles aussi, descendaient dans les mines.Si les manuels récents accordent un peu plus de place aux femmes, le bilan reste toutefois mitigé. Or les manuels reflètent des programmes qui, eux, sont fixés au plan national. Le Rapport « Quelle Place pour les Femmes dans l’Histoire enseignée? » suggère des remèdes  pour pallier cette absence. Énoncés en 2004, ils ne sont pas encore pris au sérieux comme ils le devraient.Quant à l’enseignement de la géographie, aussi bien dans les programmes que dans les manuels scolaires, la présence féminine y est bien discrète. Cette discipline, qui devrait contribuer à la connaissance du monde, ne fait pas de distinction entre femmes et hommes, utilisant le terme générique d’hommes.Sur cinq manuels pris comme échantillon, quatre présentent des femmes sur leur couverture. Il s’agit essentiellement de femmes au travail dans les milieux ruraux des pays du « Sud ». Elles s’y adonnent au  travail de la terre ou dans les rizières, au soin des bêtes, à la préparation de repas, à la garde des enfants. Ce sont des femmes exotiques, de pays lointains.Et lorsque l’on met en avant  des femmes modernes occidentales, elles sont représentées dans des moments de détente et associées, sauf exception, au passé, au bien-être, aux vacances. A y regarder de près, on se demande si toutes ces femmes ne sont pas entretenues pour avoir un tel mode de vie…  L’image donnée est nettement partielle et partiale. Alors même que les programmes de géographie sont censés répondre à des objectifs politiques – au sens noble de ce mot – liés à la construction même du projet républicain.On pourrait évidemment étendre cette enquête à l’enseignement d’autres disciplines. Et là encore on découvrirait que les modèles positifs de femmes proposés à l’étude – et à l’imitation ! – des élèves ne sont pas si nombreux. Or de tels modèles sont essentiels pour orienter les jeunes gens et les jeunes filles, en donnant confiance en elles aux secondes, et en amenant les premiers à les voir, dès l’école primaire, comme leurs égales.Il reste donc encore beaucoup à faire. Ce projet de loi est un précieux jalon, pas une fin en soi, ni un aboutissement. C’est donc en ayant clairement conscience que le combat doit continuer que le groupe écologiste le votera.  …

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  3. « Sans éluder la souffrance et la place des victimes, ni céder à un quelconque laxisme, ce projet de loi instaure de véritables alternatives à l’incarcération dont on sait qu’elle est bien souvent à l’origine de la récidive. »

    RENFORCEMENT DE L’EFFICACITÉ DES SANCTIONS PÉNALES Esther Benbassa Dossier législatif   Mme Esther Benbassa. Monsieur le président, madame la ministre, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, nous examinons aujourd’hui le texte de la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à l’individualisation des peines et à la prévention de la récidive, selon l’intitulé adopté par le Sénat. Je veux le dire d’emblée – je serai bien sûr un peu moins critique que M. Mézard (Exclamations ironiques sur les travées de l’UMP.) –,… …

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  4. Adoption de la réforme pénale au Sénat – Une réponse humaniste et réaliste à la récidive

    Le Sénat a adopté, hier soir, le projet loi relatif à l’individualisation des peines et la prévention de la récidive. Le Groupe écologiste se félicite de la victoire d’une vision qui ne considère plus l’enfermement à tout prix comme un horizon indépassable, mais fournit au contraire des réponses humanistes et réalistes à la prévention de la récidive. …

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  5. « À nous de rappeler à l’opinion que l’inflation législative et l’enfermement comme réponse pénale dissuasive n’ont pas réussi à endiguer la récidive. »

    RENFORCEMENT DE L’EFFICACITÉ DES SANCTIONS PÉNALES Esther Benbassa Dossier législatif   Monsieur le président, madame la garde des sceaux, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, j’ouvrirai mon intervention par un mot de Paul Ricœur, philosophe chrétien. Dans Soi-même comme un autre, il écrit : « La sagesse pratique consiste à inventer les conduites qui satisferont le plus à l’exception que demande la sollicitude en trahissant le moins possible la règle. » …

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  6. « L’antisémitisme en France est désormais sur une pente meurtrière. »

    Question au Gouvernement sur la montée de l’antisémitisme  Esther Benbassa     Monsieur le Ministre, L’antisémitisme en France est désormais sur une pente meurtrière. Les affaires Mérah et Nemmouche l’ont tragiquement démontré. Les deux protagonistes ont suivi des parcours similaires : sortie prématurée du milieu scolaire, petite délinquance, radicalisation islamique en prison, voyages d’initiation au djihad au Moyen-Orient. Ils symbolisent le lien coupé avec la société française. Leur dérive nous interpelle sur l’école, sur les modalités d’encadrement de nos jeunes, sur ces mouvements de jeunesse qui ne remplissent plus leur rôle, inaptes à pallier la déstructuration du modèle familial patriarcal duquel sont en principe issus ces futurs djihadistes, endoctrinés dans la haine du Juif et d’Israël au nom d’un islam extrémiste ingurgité sur internet, et gagnant bientôt l’Orient, où cet endoctrinement se double d’un apprentissage du terrorisme. Si les mesures annoncées par le ministre de l’intérieur, lors du dernier conseil des ministres, sont tout à fait nécessaires, la question que ces actes terroristes nous posent n’est pas seulement d’ordre sécuritaire. Le djihadisme New Age, en France, est avant tout un problème sociétal. La prison en est devenue le réservoir. L’abandon à soi-même, la promiscuité, aussi, la fréquentation de salafistes fraîchement convertis y préparent au pire, quand une peine de probation épargnerait à certains le passage par la case prison pour de petits délits. La future réforme pénale aidera peut-être à résoudre au moins cet aspect des choses. Le diagnostic sociologique étant posé, les regains actuels d’un antisémitisme polymorphe ne peuvent pourtant que raviver, chez les Juifs, la mémoire du génocide qui a annihilé 6 millions d’entre eux ici-même, en Europe, dont 73 000 en France. Intolérable, cet antisémitisme doit être combattu par tous les moyens, comme l’islamophobie, la xénophobie et tous les racismes. Ces actes antisémites ne peuvent être ramenés à une affaire entre Juifs et musulmans. Par ailleurs, les arabo-musulmans de France eux-mêmes pâtissent par réaction d’une aggravation du rejet indistinct et injuste dont ils sont déjà victimes. En fait, ce sont nos sociétés, démocratiques, libres, progressistes, que de tels actes prennent pour cible et déstabilisent. Monsieur le Ministre, les discours d’apaisement et les messages de sympathie ne suffisent plus. Que compte faire le Gouvernement pour changer en profondeur la donne et rétablir les conditions d’un vivre ensemble acceptable ? …

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  7. Les rites et usages liés à la fin de vie reflètent une facette importante des évolutions de notre société.

    Schéma régional des crématoriums Esther Benbassa Dossier législatif   Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, nous examinons aujourd’hui, en première lecture, la proposition de loi de notre collègue Jean-Pierre Sueur visant à instaurer un schéma régional des crématoriums. …

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